Un site à bas prix n'est pas forcément une arnaque. Mais le prix affiché ne dit presque jamais ce que vous paierez au bout de trois ans, ni ce que vous récupérerez le jour où vous partirez. Voici où regarder avant de signer.
L'essentiel. Les offres très bon marché se rattrapent presque toujours sur l'un de ces cinq points : le renouvellement (le prix d'appel ne dure qu'un an), les modifications (facturées à l'acte), la propriété (vous ne possédez ni le domaine ni le site), le contenu (c'est vous qui l'écrivez), ou le référencement (le site n'est pas prévu pour être trouvé). Aucun de ces points n'est illégitime. Le problème, c'est de le découvrir après.
Les cinq façons de vendre un site pas cher
1. Le prix d'appel qui ne dure qu'un an
C'est le plus courant, notamment chez les hébergeurs qui vendent un « site clé en main ». La première année est à 3 € par mois, la deuxième à 20 €, et la reconduction est tacite. Le calcul est parfaitement légal, et il est écrit dans les conditions.
Ce qu'il faut vérifier : le tarif de renouvellement, pas le tarif de la première année. Il figure toujours quelque part, souvent en petit, à côté d'un astérisque.
2. La modification facturée à l'acte
Le site est peu cher parce qu'il est figé. Chaque changement de texte, chaque nouvelle photo, chaque mise à jour d'horaires passe par un ticket, puis par une facture. À 60 € l'intervention, quatre modifications par an suffisent à dépasser un abonnement tout compris.
Ce qu'il faut vérifier : combien coûte une modification, et sous quel délai elle est faite. Un site qu'on n'ose plus modifier est un site qui vieillit sur place.
3. Le site que vous ne possédez pas
Certaines formules très abordables reposent sur un point discret : le nom de domaine est déposé au nom du prestataire, pas au vôtre. Tant que tout va bien, personne ne s'en aperçoit. Le jour où vous voulez partir, votre adresse ne vous suit pas, et vous repartez de zéro, y compris pour votre référencement et vos adresses mail.
Ce qu'il faut vérifier : qui est propriétaire du nom de domaine, ce que vous récupérez en partant, et sous quel délai. Cette question se pose avant de signer, pas après. Elle sépare les prestataires sérieux des autres en une phrase.
4. Le contenu, c'est vous
Le prix est bas parce qu'il ne couvre que la coquille. Les textes, les photos, l'organisation des pages, la fiche Google : à vous de voir. C'est honnête si c'est annoncé, et c'est souvent là que le projet s'arrête. Un site vide depuis huit mois parce que personne n'a écrit les pages, ça se voit tous les jours.
Ce qu'il faut vérifier : qui écrit les textes, qui prépare les photos, et ce qui se passe si vous ne les fournissez pas.
5. Le site qui n'est pas fait pour être trouvé
Le moins visible des cinq, et le plus coûteux. Un site peut être joli et rester invisible : pas de titre de page pensé pour les recherches, une seule page fourre-tout, des images qui pèsent 5 Mo, aucune information de localisation. Il existe, personne ne le croise.
Ce qu'il faut vérifier : si le site est prévu pour ressortir sur les recherches locales, et ce qui est fait côté fiche Google. Sinon, vous payez une plaquette que vous êtes seul à regarder.
Le vrai calcul : trois ans, tout compris
Un site se juge sur la durée, pas sur la facture du premier mois. Voici la grille à remplir avant de comparer deux offres.
| Ligne à additionner | Ce qu'on oublie souvent |
|---|---|
| Création ou premier mois | Le tarif promotionnel n'est pas le tarif normal |
| Abonnement ou hébergement × 36 mois | Le prix de renouvellement, pas celui de lancement |
| Nom de domaine × 3 ans | 10 à 20 € par an, parfois offerts la première année seulement |
| Modifications (comptez-en 6 par an) | À l'acte, c'est la ligne qui explose |
| Certificat de sécurité, sauvegardes | Inclus chez les uns, en option chez les autres |
| Votre temps | La ligne la plus chère si vous faites tout vous-même |
Faites l'addition sur trois ans pour chaque devis. L'ordre du classement change souvent, et c'est exactement l'intérêt de l'exercice. Le détail des fourchettes par formule est dans notre article sur le prix d'un site vitrine.
Quand le pas cher est le bon choix
Ne renversons pas la table : il y a des cas où l'offre la moins chère est la bonne.
- Vous testez une activité et vous voulez une page de présence, sans plus. Une fiche Google bien remplie et une page simple suffisent.
- Vous avez du temps, de l'appétence pour ces outils, et l'envie de faire vous-même. Un constructeur en ligne à 20 € par mois fait très bien l'affaire.
- Votre activité ne dépend pas du web. Un maçon avec vingt ans de bouche-à-oreille et un carnet plein n'a pas besoin d'investir lourd.
Le mauvais calcul n'est pas de payer peu. C'est de payer peu en croyant avoir acheté autre chose : un site qui remonte sur Google, qui reste à jour, et dont quelqu'un s'occupe.
Les cinq questions à poser avant de signer
Quel que soit le prestataire, y compris nous, posez ces cinq questions par écrit. Les réponses tiennent en dix lignes chez quelqu'un de sérieux.
- À quel nom est déposé le nom de domaine ?
- Quel est le prix à partir de la deuxième année ?
- Combien coûte une modification de texte ou de photo, et sous quel délai ?
- Qu'est-ce que je récupère si je pars, et en combien de temps ?
- Qui écrit les textes et qui prépare les photos ?
Un prestataire qui répond de façon évasive à la première ou à la quatrième vous a déjà renseigné.
Notre position, puisqu'on est concerné
Pronto est un abonnement à 29 €/ mois HT, ce qui n'est ni le moins cher du marché ni le plus cher. Autant dire franchement ce qu'il y a dedans et ce qu'il n'y a pas.
Le nom de domaine est à votre nom dès le premier jour. Les modifications sont incluses et illimitées, par message. Le site devient votre propriété au bout de deux ans d'abonnement. Vous partez quand vous voulez avec 30 jours de préavis, et vous emportez tout.
En échange, ce n'est pas la formule la plus économique si vous n'avez besoin de rien changer pendant trois ans, et le sur-mesure graphique poussé n'entre pas dans ce cadre. Voir les tarifs →
Questions fréquentes
Un site à moins de 500 € est-il forcément mauvais ? Non. Il est simplement limité à ce qu'il annonce : une présence en ligne. Le problème vient quand on en attend des demandes de devis régulières sans que rien n'ait été prévu pour ça.
Pourquoi certains prestataires font-ils des sites gratuits ? Parce que le revenu est ailleurs : hébergement, nom de domaine, référencement en option, ou engagement de longue durée. Ce n'est pas malhonnête en soi, mais il faut lire ce qui est signé et sur combien de temps.
Comment savoir si je suis propriétaire de mon nom de domaine ? Tapez votre domaine sur le service de recherche « whois » de l'Afnic pour un .fr. Le titulaire est indiqué, sauf s'il a demandé la diffusion restreinte, auquel cas votre prestataire doit vous le confirmer par écrit.
Est-il possible de récupérer un site fait ailleurs ? Le nom de domaine, presque toujours. Les textes et les photos, oui. Le site lui-même, cela dépend de la technique employée : un site fait sur une plateforme fermée ne se déménage pas, il se refait. C'est une raison de plus de poser la question au début.
Vaut-il mieux payer une fois ou tous les mois ? Cela dépend de votre besoin de faire évoluer le site. Nous avons détaillé les deux modèles dans abonnement ou achat.
